Aujourd’hui, je choisis de partager avec vous un petit bout de mon chemin initiatique à l’occasion de la fête de l’Amour : comment, personnellement, j’ai appréhendé cette Source de vie, Invisible et Indivisible pour co-céer ma vie .

C’est dans la période de mon enfance et adolescence que, rétrospectivement, je comprends combien cette énergie invisible était ma seule et unique amie.

Quand à 7 ans je perds mon père, l’amour prend sa réalité physique par l’absence de l’amour de mon père.

Je commence à ressentir cette tendresse, ce regard qui m’encourageait à grandir, ces bras qu’il tendait vers moi pour me rassurer et me protéger. Ce sourire qui me disait vas-y,  grandis, ne t’inquiètes pas, je suis là. Son petit gâteau qu’il sort de sa poche tout écrasé que j’attendais avec impatience pour goûter et qu’il me regardait manger avec émerveillement… Ces actes de tendresse et d’amour ont tapissé les murs de mon intérieur et ont créé un petit coin chaleureux qui me servait de refuge pour vivifier mon quotidien.

 

L’amour était un pays inconnu pour moi. J’avais juste conscience qu’il me manquait une ambiance et une présence physique. Je restais dans une sorte de vide tout en étant bien ancrée dans une réalité en me demandant soir et matin vers qui, ou vers quoi je devais aller pour trouver à manger. Parfois je m’asseillais sur une pierre et je réflichissais. Il ne se passait rien, sinon le doute, la tristesse, et l’impuissance.

C’est le souvenir joyeux et la peur qui vont faire leur travail sans que je ne m’en rende compte. Ils m’ont aidé à trouver en moi, l’Amour, cette Source avec son potentiel.

Pratiquement tous les jours je pleurais toutes les larmes de mon corps tout en faisant mon travail à la maison : balayer la case, aller à la rivière pour laver les linges, aller chercher du bois pour préparer à manger et essayer de m’occuper de moi, me laver, me mettre de l’huile de coco sur les cheveux et chercher de quoi manger. Bref le train train (la pauvreté peut-être mais la propreté avant tout). C’était le rituel sacré pour honorer et dire merci même quand c’est dramatiquement difficile.

Tout ça peut paraître banal. Et pourtant c’est à travers ces routines et rituels que je commençais un nouveau chemin d’éveil vers moi-même. Ces petites tâches apparemment insignifantes accomplies dans le silence m’ont appris à apprivoiser cette espace intérieure et ce qu’il contient de plus beau, l’Amour. Je travaillais avec plus de plaisir, le sourire revenait, je regardais les choses avec bienveillance comme pour lui dire merci et merci à la nature de me nourrir.

Un peu bébète peut-être, mais j’ai découvert la magie de ce monde invisible avec le cœur conscient de l’enfant et de la jeune adoslecente que j’étais.

Quand je cueillais une goyave ou une papaye, ma grand-mère me demandait que je dise d’abord merci au goyavier ou au papayer, comme je l’aurais fait avec une personne dans la rue qui m’aurait donné quelque chose. Je comprenais que ces arbres sont vivants comme moi et que je peux les respecter et créer un lien d’amour avec tout ce qui est vivant et qui me nourrit de surcroît.

Je me suis sentie moins seule depuis. J’aime ce silence et cette solitude pour me ressourcer à chaque fois que j’en éprouve le besoin. J’ai retouvé mon sourire, ma joie de vivre tout en vivant les bonnes et moins bonnes émotions que la vie m’offre sur mon chemin pour grandir toujours avec plus de conscience. J’ai appris à découvrir l’amour qui est en moi par cette immense tristesse et manque de mon père mais aussi à créer du lien et donner du sens à mon existence et reconnaître l’existence de l’autre.

Deux choses dans mon quotidien sont mes potions magiques : Bonjour, avec le sourire, et merci, pour tout, à voix basse ou à voix haute.

Ce que j’apprivoise encore aujourd’hui ne remplacera jamais le manque et la douleur ressentis. Mais j’ai appris à m’aimer juste assez pour vivifier ces valeurs de l’Amour et accueillir la vie.

L’Amour m’aide à tracer ma propre voie en prenant comme départ cette fois cette source en moi avec cette humilité que mon père et ma grand-mère m’ont apprise.

 

Bonne Saint Valentin

Roselyne Marianne

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